Les candidats à la présidentielle et l’adoption internationale

Les candidats à la présidentielle et l’adoption internationale

Elections présidentielles - lettre aux candidats

Elections présidentielles - lettre aux candidats

Médecins du Monde abandonne l’adoption

Médecins du Monde abandonne l’adoption

Les chiffres de l’adoption internationale en 2016

Les chiffres de l’adoption internationale en 2016

RDC Chaîne humaine MAI MAEE

RDC Chaîne humaine MAI MAEE

Les familles entendues sur le projet GIPED - AFA

Les familles entendues sur le projet GIPED - AFA

Accompagnement post adoption

Accompagnement post adoption

AFA - GIPED Le regroupement est ajourné

AFA - GIPED Le regroupement est ajourné

Une réforme de l’Agence Française de l’Adoption dangereuse et inadaptée

Une réforme de l’Agence Française de l’Adoption dangereuse et inadaptée

Rencontre avec Carmen Maria Véga

Rencontre avec Carmen Maria Véga

Réforme AFA-GIPED, revue de presse

Réforme AFA-GIPED, revue de presse

Le profil des enfants adoptés à l'international

Le profil des enfants adoptés à l'international

va vis et deviens

Désert du Soudan, 1984. A l'initiative d'Israël et des Etats-Unis, des milliers d'Africains hagards et squelettiques ont l'opportunité d'échapper à la famine.

Une vaste action (l'opération "Moïse") permet aux juifs éthiopiens (les Falachas, descendants du roi Salomon et de la reine de Saba, dont parle la Torah, chapitre XIX, comme d'une "tribu égarée") de gagner la Terre sainte. Va, vis et deviens commence comme un film historique.


Bénéficiaire de ce pont aérien, un gamin, Schlomo, est adopté par une famille française séfarade de Tel-Aviv et grandit avec l'obsession de retrouver sa mère, restée dans le camp de réfugiés, tout en découvrant deux maux de son nouveau pays : les faucons qui souhaitent la guerre contre les Palestiniens et les racistes qui font régner une sorte d'apartheid au sein de la société israélienne.

 

L'intégration des Falachas en Israël n'a jamais été réellement digérée. Ils sont considérés par une partie de la population, hostile au métissage, comme des juifs atypiques, pas casher.

Golda Meir ne se demanda-t-elle pas si "les juifs n'avaient pas assez de problèmes comme cela pour encore devoir s'occuper des énigmatiques Falachas" ? (On lira à ce propos avec profit Les Falachas, Nègres errants du peuple juif, de Tidiana N'Diaye, Gallimard, "Continents noirs", 2004). Va, vis et deviens se fait vite un film sur l'émigration, le choc des cultures.

Mais ce qui donne sa force au film de Radu Mihaileanu, c'est une "astuce" scénaristique renvoyant à la fois à sa propre histoire et à la fatalité qu'ont les déracinés, pour survivre, de se faire passer pour ce qu'ils ne sont pas. Mihaileanu n'est pas noir, mais juif d'origine roumaine dont le père fut obligé de changer de nom pendant l'occupation nazie.

Dans Train de vie, film teinté d'humour à la Lubitsch, il avait imaginé que des juifs, pendant la guerre, se déguisaient en officiers allemands pour échapper à la Shoah.


Ni juif, ni orphelin

Ici, sa réflexion sur la dérision d'être ou ne pas être proscrit le mène à inverser le processus d'usurpation d'identité. Schlomo, son héros, n'est pas juif. Sa mère l'a confié à une Falacha pour le sauver.

Il vit en Terre promise avec un douloureux secret (il n'est ni juif ni orphelin), slalome entre le vrai et le faux, avec la culpabilité (en particulier vis-à-vis de ses parents adoptifs) d'être un imposteur.

La vue d'ensemble des Falachas et le visage des mères perdant leurs fils, l'ébranlement d'une famille israélienne face à la crise économique et au dilemme politique (quitter ou ne pas quitter le pays), les apprentissages de Schlomo, rusant entre deux cultures, se découvrant en exil des rapports charnels avec sa mère d'adoption et une histoire d'amour avec la fille d'un rabbin dogmatique : tout cela est dépeint avec générosité, une volonté de glisser de la fiction documentaire à la fresque lyrique, de faire sourdre l'émotion.

En sus de sa sensibilité, Radu Mihaileanu a su utiliser la musique parfois épique d'Armand Amar et l'extrême délicatesse de ces deux comédiens que sont Yaël Abecassis et Roschdy Zem.

Film franco-israélien de Radu Mihaileanu avec Yaël Abecassis, Roschdy Zem, Roni Hadar, Sirak M. Sabahat. (2 h 20.)


 

Ajouter vos commentaires

0
conditions d'utilisation.

Commentaires

  • Aucun commentaire trouvé