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Arche de Zoé : ne pas confondre humanitaire et adoption

Tchad Darfour SoudanLe 3 décembre 2012 s'est ouvert à Paris le procès de certains membres de l'association "Arche de Zoé".

Avant que l'affaire n'éclate en 2007, alors que des informations inquiétantes circulaient sur des forums, nous avions mis en garde les adhérents des associations de parents adoptifs contre les dangers de la confusion qui peut parfois exister entre adoption et démarche humanitaire.

Le MASF réitère aujourd'hui sa mise en garde envers ceux qui pourraient être amenés à faire cet amalgame, notamment par méconnaissance de l'adoption ou pour des raisons médiatiques.

Accueillir un enfant du Darfour, ou de toute autre région du globe en conflit ouvert, c'est peut-être le sauver de la mort. C'est aussi s'investir profondément, lui consacrer son temps son énergie, son amour, ses espérances et assumer toutes les difficultés que représente l'accueil d'un enfant plus que cabossé par la vie. Mais ce n'est en aucun cas l'adopter.

Si l'adoption d'un enfant d'où qu'il vienne ne saurait se réduire à un acte juridique, loin s'en faut, elle doit impérativement s'inscrire dans le cadre légal du pays d'origine comme du pays d'accueil. On ne peut transiger sur ce point qui sera le socle de l'adoption tant pour les parents adoptifs que pour les enfants adoptés.

La charte des associations membres du MASF est très claire sur un point essentiel, qui ne souffre aucune exception : notre attachement indéfectible au respect des procédures juridiques, que ce soit dans le pays d'accueil ou dans le pays d'origine des enfants.

En voulant contourner les règles de droit (1), les protagonistes de l'Arche de Zoé ont malheureusement jeté le trouble sur l'ensemble des adoptions internationales et plus encore sur les adoptions d'enfants africains. En mai 2012, l'African Child Policy Forum (ACPF) organisait une conférence à Addis Abeba en affirmant que « l'adoption internationale doit être découragée par tous les moyens et considérée en dernier recours comme une exception plutôt que comme une solution » (2).

L'adoption internationale était auparavant vue comme une perspective de vie pour les enfants, ce qui est confirmé par le développement de ceux-ci au sein de leurs familles adoptives et les nombreuses études qui en attestent. Il est regrettable qu'elle soit maintenant envisagée comme une solution par défaut, voire comme une exception.

La baisse du nombre d'adoptions réalisées par des familles françaises depuis plusieurs années a probablement été amplifiée par l'affaire de l'Arche de Zoé. Alors que le sujet de l'adoption homoparentale fait aujourd'hui l'actualité, le MASF souhaiterait qu'on élargisse la discussion à la refonte du système français d'adoption pour le rendre plus performant et mieux à même d'assurer la possibilité à des enfants privés de famille d'être adoptés par les nombreux couples ou célibataires français qui disposent d'un agrément.


(1) Le 11 décembre 2012, Mme Anne Coquet, Procureure près le Tribunal Correctionnel de Paris, a requis trois ans d'emprisonnement, dont deux fermes, contre les deux principaux protagonistes de l'Arche de Zoé pour "exercice illicite de l'activité d'intermédiaire pour l'adoption ou le placement en vue de l'adoption". A l'appui de son réquisitoire, Mme Coquet soulignait qu'ils avaient "violé les règles les plus élémentaires de la protection de l'enfance, considérant l'enfant comme un objet de convoitise et une marchandise".

(2) Rapport de la conférence « Adoption internationale » (page 39) organisée par l'ACPF en mai 2012 avec le concours des fonds de coopération du Service de l'Adoption Internationale français.


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Commentaires (2)

  • Invité (Fanny Cohen Herlem)

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    Pour mémoire, l'ensemble des enfants adoptables dans le monde le sont par l'ensemble des pays d'accueil.
    Un rapport du bureau de La Haye, il y a quelques années chiffrait le nombre d'enfants adoptables dans le monde à 40.000.
    Les pays d'origine proposent de plus en plus des enfants dits "à besoins spécifiques", sont-ce les enfants que souhaitent les candidats français et des autres pays?
    Que veut dire "performant", dans un tel contexte?

  • Invité (MASF)

    Permalien

    Bonsoir,

    En 2005, les sept premiers pays d'accueil ont adopté plus de 40000 enfants. En 2011, ils sont 22000 à avoir été accueillis dans ces mêmes pays. Cet effondrement résulte de plusieurs causes mais il ne doit pas laisser penser que tous les enfants ont pour autant trouvé une famille adoptive.
    Nous savons bien que de très nombreux enfants en France et dans le monde sont adoptables ou pourraient l'être. Mais nous constatons aussi un renversement de l'image de l'adoption depuis plusieurs années. L'idée aujourd'hui dominante voudrait que l'intérêt de l'enfant serait que soient maintenus ses liens biologiques (fussent-ils nocifs) dans son pays et sa culture d'origine. L'adoption, qu'elle soit nationale ou internationale, représente pourtant la meilleure solution pour un enfant, cela a été démontré dans de multiples études scientifiques. Elle est toujours préférable à une famille d'accueil et à une institution.

    Le terme "enfants à besoins spécifiques" n'est pas très heureux mais c'est celui choisi par les acteurs institutionnels. Rappelons qu'il regroupe les enfants de plus de cinq ans, les fratries et les enfants atteints d'une pathologie.
    En 2011, un enfant sur quatre (25%) adopté à l'international par une famille française a plus de 5 ans, 14% ont plus de 7 ans. En 2010, moins de 22% des enfants adoptés avaient plus de 5 ans, il y a donc une progression. Il n'est donc pas juste de faire croire que les adoptants français ne s'intéresseraient qu'à des enfants en bas âge comme on l'entend fréquemment. Néanmoins, si des efforts ont pu être accompli, c'est un sujet qui mériterait de la pédagogie et d'être plus travaillé avec les différents acteurs de l'adoption (ASE, associations de parents, AFA, CSA...).
    Cela fait partie des multiples propositions émises ces dernières années pour repenser notre dispositif de l'adoption afin qu'il soit plus "performant" ou efficace. Du rapport Colombani en 2008 au rapport de l'IGAS sur l'implantation de l'AFA à l'étranger en 2011 en passant par la proposition de loi sur l'enfance délaissée de mars 2012, les idées ne manquent pas. Restent les actes...

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