Invitation au CA du 25 novembre 2017

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Les candidats à la présidentielle et l’adoption internationale

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Elections présidentielles - lettre aux candidats

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Médecins du Monde abandonne l’adoption

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Les chiffres de l’adoption internationale en 2016

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RDC Chaîne humaine MAI MAEE

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Les familles entendues sur le projet GIPED - AFA

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Accompagnement post adoption

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AFA - GIPED Le regroupement est ajourné

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Une réforme de l’Agence Française de l’Adoption dangereuse et inadaptée

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Rencontre avec Carmen Maria Véga

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Réforme AFA-GIPED, revue de presse

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Statistiques adoptions internationales 2011


Les adoptions internationales réalisées par des familles françaises en 2011 sont en chute libre malgré un dispositif important des institutions en charge de ce chantier : 1995 adoptions internationales, ce qui représente une diminution de 43% par rapport à l’année 2010.


Il faut remonter à 1987 pour trouver un aussi faible nombre d’enfants dont la vie sera changée parce qu’une famille française s’est engagée à leur offrir une nouvelle vie. Quelle triste performance !

Les explications des responsables de nos institutions sont déjà prêtes : c’est la faute aux pays d’origines, à la convention de La Haye, aux familles françaises qui ne s’adaptent pas à la réalité du paysage !

Pourtant, si d’autres pays ont aussi connu un déclin du nombre des adoptions internationales en 2011, (mais dans des proportions bien moindres que la France) certains pays tels l’Italie maintiennent néanmoins le cap, avec plus de 4000 adoptions internationales réalisées en 2011. Pourquoi de telles divergences avec nos voisins ?

 

La volonté des autorités françaises, affichée depuis la première époque de l’AFA, de privilégier le qualitatif (la qualité des adoptions réalisées) au quantitatif (le nombre des adoptions réalisées) n’est sans doute pas étrangère à cette piètre performance. Il ne manque que le passage à l’asymptote : quasiment plus d’adoptions, mais de quelle qualité !


 

Figure 1 : nombre d’adoptions internationales entre 1980 et 2011 (courbe bleue, échelle de gauche), avec en parallèle le nombre de personnes dans le service public, en charge de son bon déroulement (courbe rouge, échelle de droite). Les deux ruptures de pente correspondent à la ratification de la Convention de La Haye et à la création de l’Agence Française de l’Adoption.

 

Les pouvoirs publics ont pourtant consacré des moyens humains et financiers accrus depuis 2005 à l’adoption internationale. Ainsi Les effectifs consacrés à l’adoption internationale (avec en point de mire l’obsession de la suppression des trafics placé largement devant l’intérêt des enfants) ont plus que doublé sur une période au cours de laquelle les adoptions ont connu une chute totale de 50% (figure 1). Les familles postulantes pourraient espérer de leur part à une amélioration de l’aide apportée à leur projet,  juste retour des choses. Mais au delà des moyens, les autorités françaises ont-elles vraiment fait preuve de volontarisme et d’engagement pour l’adoption internationale ? Il est permis d’en douter..

Le renouveau de l’autorité centrale à la suite du rapport Colombani devait s’accompagner d’une professionnalisation des OAA (Organisme Autorisé pour l’adoption). Qu’en est-il, alors que l’année 2010 devait être celle de leur regroupement ?

Les institutions publiques, dont on ne saurait nier ni la nécessité ni la place, ayant montré leurs limites, la question d’une augmentation de la capacité des OAA doit être mise sur la table. Sans doute faut-il aussi envisager sereinement la possibilité qu’ils reçoivent des fonds publics, et qu’en contrepartie ils soient soumis à des obligations de contrôle, comme cela se produit dans tous les partenariats public/privé.

La plus value (en termes qualitatifs) réalisée par l’AFA (Agence Française de l’Adoption) connaît aussi ses limites. Si on regarde un pays comme la Colombie, le nombre d’adoptions est resté stable sur les vingt dernières années (figure 2). L’apparition de l’AFA dans ce décor n’a pas changé le quantitatif, et il est difficile de défendre que le qualitatif ait connu de substantielles modifications,. Même si on ne peut nier les efforts faits en vue de l’amélioration de la préparation des postulants.

 

Figure 2. Nombre d’adoptions réalisées en Colombie par des Français sur les vingt dernières années.

 

Ces modifications de fond plaident pour que les conseils généraux prennent conscience de la réalité de l’adoption internationale, qu’un agrément doit constituer une véritable aide pour que les postulants puissent mener à bien leur projet, sans dépendre des aléas d’une habitation dans un département donné.

C’est pour cela que nous sommes favorables à ce que les parlementaires ne repoussent pas sine die, c’est à dire à jamais, la proposition de loi de Mme Tabarot, certes d’une portée limitée au niveau des adoptions internationales mais qui a le mérite de faire bouger les choses dans la bonne direction, par exemple en reprenant une proposition du MASF, l’extension de l’agrément au delà des cinq ans quand un apparentement est en cours.

Cette proposition a aussi le grand mérite de vouloir améliorer la situation de nombreux enfants délaissés en France. Même si cela n’est pas le principal champ d’action de notre mouvement, nous ne pouvons que soutenir cette volonté d’améliorer le futur d’enfants, quelque soient leurs origines.

 

Nous constatons une fois de plus que ce sont les enfants qui feront les frais des jeux des adultes, car tout le monde s’accorde pour reconnaître que dans certains pays d’origine, aucune solution familiale n’existe pour les enfants durablement privés de famille.


Il est temps de poser aux différentes forces politiques qui se présentent au suffrage lors des prochaines élections la question de l’adoption internationale. Si on continue sur cette pente, il n’y aura même plus besoin de revoir la convention de La Haye, car il n’y aura plus rien à réguler.



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